De passage à Paris pour la promotion de 'Maléfique', Angelina Jolie se confie sur sa vie en France avec Brad Pitt, ses enfants et ses projets.

Le contraste est saisissant. A midi, on la voit à l'écran, la peau très blanche, diaphane, le regard de braise, affublée de grandes cornes, dans le personnage de Maléfique, le prochain Disney en salles le 28 mai. Elle y incarne cette mauvaise fée qui va condamner la Belle au Bois dormant à un sommeil éternel. Mais à 15 heures, c'est une Angelina Jolie souriante, bronzée et très en forme qui nous accueille dans la suite d'un grand palace parisien.

Est-il vrai que, enfant, Maléfique était votre personnage Disney favori ?

Absolument. Je ne me suis jamais identifiée aux princesses ! J'aimais la force et la grâce de Maléfique, son désir de puissance, sa façon d'assumer son côté sombre. Je la trouvais fun...

Vous avez subi un gros travail de maquillage.

L'idée était de donner un look extrême au personnage de Maléfique, mais aussi qu'elle paraisse bien réelle. Les maquilleurs ont donc aiguisé mes pommettes, mon nez, mes dents. Je devais également revêtir une sorte de chapeau avec les grandes cornes, et comme j'oubliais que je les portais, j'avais tendance à les cogner sans arrêt partout. Ils ont alors fabriqué des cornes plus petites, du coup sur le tournage je ressemblais à une oursonne !

Vous vous êtes immédiatement connectée au personnage.

Bien sûr, je ne suis pas, comme elle, une sorte de représentation du Mal, mais j'ai eu dans ma vie des périodes qualifiées de "sombres" par les autres, et en cela je lui ressemble.

Vos enfants ont directement participé au tournage ?

Ma fille Vivienne (5 ans) interprète le rôle de la princesse Aurore enfant. Deux autres de mes enfants, Pax (10 ans) et Zahara (9 ans), y font de la figuration. Mais tous les six étaient présents sur le tournage. Ils sont tout le temps avec moi, dans des chambres à quelques étages au-dessus de nous tandis que je vous parle.

Vous ne vous séparez jamais de votre famille ?

J'ai besoin d'être entourée de mes proches : quand je me réveille le matin, j'ai envie d'être avec mes enfants et avec Brad. J'élève six enfants, alors j'adapte le travail à ma vie familiale, pas l'inverse. Et Brad se comporte exactement de la même manière.

Pourquoi avoir choisi de vous installer une partie de l'année dans le sud-est de la France ?

J'ai toujours aimé la France. Avec Brad, nous cherchions un endroit où nous pourrions travailler avec les gens du coin, participer à leurs coutumes locales, nous intégrer dans leurs terres et leur terroir. Il s'est trouvé qu'il y avait des vignes à Miraval et avec notre vin rosé, nous sommes parvenus à une belle qualité avec l'aide de la famille Perrin. On a au moins réussi à ne pas rater ça, cela aurait pu énerver les Français ! Alors oui, on se sent un petit peu français. Les enfants davantage encore : ils parlent mieux votre langue que nous.

Allez-vous tourner de nouveau avec Brad Pitt ?

Oui, j'ai écrit le scénario d'un film où Brad et moi partagerions l'affiche. On y pense fortement.

Et le mariage ?

On est toujours fiancés, mais c'est un projet auquel nous pensons. Oui, nous allons nous marier, c'est prévu.

Avec Brad Pitt, vous êtes toujours plus impliqués dans des projets humanitaires ?

Nous avons une chance immense de pouvoir nous impliquer et donner aux organismes qui aident les réfugiés de tous les pays. C'est bien le minimum que l'on puisse faire, il y a tellement de gens qui souffrent dans le monde. Cela prend beaucoup de temps, j'y consacre une partie de mes journées, je voyage dans les pays concernés dès que je peux. Cela me rend heureuse d'agir ainsi.

Un article scientifique soulignait que, depuis que vous avez rendue publique votre double mastectomie, il y a eu un "effet Angelina Jolie" : davantage de femmes se font dépister d'un cancer du sein...

Oh... Je ne savais pas... (Elle s'interrompt, les larmes aux yeux). Je me sens reliée à toutes ces femmes. Pour moi, cela a été une drôle d'aventure. J'ai perdu ma mère bien trop jeune. Alors c'est important que les femmes sachent que cette possibilité existe pour elles. Je suis heureuse d'avoir aidé, à ma petite échelle, ces femmes à vivre plus longtemps.

Source : Le Parisien