Février 2009 - Thaïlande

Angelina Jolie a passé la journée du 4 février avec des réfugiés qui lui ont expliqué les difficultés auxquelles ils sont confrontés depuis 20 ans passés dans des camps fermés. Elle a appelé le gouvernement thaïlandais à accorder une plus grande liberté de mouvement aux réfugiés du Myanmar présents dans le nord de la Thaïlande. "J'ai été émue de rencontrer une femme âgée de 21 ans qui était née dans un camp de réfugiés, qui n'est jamais sortie de ce camp et qui élève maintenant à son tour son enfant dans le camp", a indiqué Angelina Jolie après sa visite au camp de Ban Mai Nai Soi. Ce camp accueille 18 111 réfugiés enregistrés, principalement de l'ethnie karenni, et il est situé à seulement trois kilomètres de la frontière avec le Myanmar, près de Mae Hong Son. "Leurs perspectives de retour au Myanmar étant fort sombres, nous devons trouver des moyens de les aider à travailler pour qu'ils puissent subvenir à leurs besoins", a-t-elle ajouté. Les 111 000 réfugiés enregistrés, qui vivent dans neuf camps au nord de la Thaïlande le long de la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar, ne sont pas autorisés à sortir des camps pour travailler ou pour suivre des études supérieures.

Dans une maison de deux pièces sur pilotis et au toit de chaume, Angelina Jolie s'est assise à la porte et elle s'est entretenue avec Pai Mai, une réfugiée âgée de 44 ans, de la minorité ethnique kayan, qui a demandé une réinstallation aux Etats-Unis.

Dans le pensionnat pour orphelins et enfants séparés de leurs parents, Angelina Jolie a écouté attentivement deux jeunes adolescentes - envoyées par leurs parents de l'autre côté de la frontière en Thaïlande pour qu'elles puissent y recevoir une éducation. Elles lui ont dit qu'elles devraient peut-être retourner au Myanmar à la fin de leur scolarité. "J'espère que nous pouvons travailler avec les autorités thaïlandaises pour accélérer la procédure gouvernementale concernant les admissions et que vous ne serez pas forcées de rentrer au Myanmar si la situation y est encore dangereuse", a expliqué Angelina Jolie.

Le Comité provincial d'admission, un organe gouvernemental thaïlandais et le seul qui peut accorder le statut de réfugié à des personnes fuyant les combats ou la persécution au Myanmar, doit encore traiter les cas de 5 000 personnes arrivées dans la province de Mae Hong Son en 2006 et 2007, lorsque d'importants combats sont survenus dans l'Etat de Kayah juste de l'autre côté de la frontière. Durant toute l'année 2008, les gens ont continué à arriver à Ban Mai Nai Soi et dans trois autres camps dans la province, la plupart ayant fui le travail forcé et d'autres abus des droits de l'homme.

Une femme âgée de 26 ans, Pan Sein, a indiqué à Angelina Jolie qu'elle avait fui son village situé dans l'Etat de Kayah en novembre dernier. Elle a effectué un voyage périlleux à pied qui l'a finalement amenée au camp début janvier, après de nombreux détours. "N'avez-vous pas eu peur de quitter vos parents et de venir toute seule ?", a demandé Angelina Jolie. "Oui, j'ai eu peur", a répondu Pan Sein. "Il était dangereux de fuir, mais tout aussi dangereux de rester dans mon village".

La visite d'Angelina Jolie s'est déroulé au moment où l'attention du monde entier se porte sur le nombre important de migrants rohingyas fuyant l'Etat du Rakhine au nord du Myanmar dans des bateaux impropres à la navigation, et juste après que le HCR ait pu rendre visite à 78 boat people rohingyas, actuellement en détention à Ranong, dans le sud de la Thaïlande. "A Ban Mai Nai Soi, j'ai pu me rendre compte à quel point la Thaïlande, depuis des années, est hospitalière envers 111 000 réfugiés, pour la plupart de l'ethnie karen ou karenni. J'ai donc espoir que la Thaïlande fera preuve d'autant de générosité envers les réfugiés rohingyas arrivant actuellement sur leurs côtes", a indiqué Angelina Jolie. "J'espère aussi que la situation des Rohingyas se stabilise et que leur vie au Myanmar s'améliore pour que la population ne se ressente pas désespérément le besoin de fuir, tout spécialement si on considère que leur voyage est devenu de plus en plus périlleux", a-t-elle ajouté. "Comme toutes les populations, ils méritent le respect de leurs droits humains".

Mai 2009 - Pays-Bas

Angelina Jolie assiste le 19 mai, à une audience du procès de Thomas Lubanga à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. Cet ex-chef de milice congolais est jugé pour l'enrôlement d'enfants soldats au cours de la guerre civile dans l'est de la République Démocratique du Congo au cours des années 2002 et 2003. "Les enfants méritent une protection spéciale. Leur utilisation dans les conflits est un crime atroce qui détruit le tissu même d'une société", a déclaré Angelina Jolie. Très impliquée dans la défense des plus innocents et des plus faibles, elle a ajouté : "J'imagine à quel point cela doit être difficile pour tous ces courageux jeunes enfants qui viennent témoigner".

Juin 2009 - Etats-Unis

Angelina Jolie participe le 18 juin, à Washington, à la cérémonie de lancement des activités pour la Journée mondiale du réfugié célébrée le 20 juin. Au côté du Haut Commissaire des Nations-Unies pour les réfugiés António Guterres, elle a lancé un appel pour que des millions de victimes de conflit à travers le monde ne soient pas considérées comme un fardeau mais plutôt comme un cadeau potentiel. "Je sais à quel point la diversité a constitué une force pour mon pays - un pays construit par ceux que certains rejetteraient désormais, en l'occurrence des demandeurs d'asile et des migrants économiques - et j'estime que nous devons convaincre le monde que les réfugiés ne doivent pas être simplement vus comme un fardeau", a-t-elle déclaré lors de son discours. "Ils sont des survivants. Et ils peuvent apporter ces qualités au profit de leurs communautés et des pays qui les accueillent. Les réfugiés que j'ai rencontrés et avec qui j'ai passé du temps ont radicalement changé ma vie. Aujourd'hui, à l'occasion de la Journée mondiale du réfugié, je veux les remercier de m'avoir laissée m'immiscer dans leur vie". Elle a également souligné que le déplacement forcé constitue une réalité de la vie. "Que ce soit au Darfour, au Myanmar, dans la vallée de Swat ou que ce soit dans le cadre d'une crise encore inconnue, les migrations massives seront l'une des caractéristiques de notre avenir. Nous devons voir les déracinés comme des personnes et non comme de simples statistiques", a-t-elle encore affirmé.

Cette cérémonie a inauguré une série d'événements se déroulant durant plusieurs jours dans le monde entier et visant à attirer l'attention sur le sort des réfugiés et d'autres personnes déracinées par la violence. Le thème de cette année "De vrais besoins pour des personnes bien réelles" avait pour but de faire comprendre que des millions de personnes dans les pays les plus pauvres ont besoin d'aide et d'attention pour survivre, alors que le monde lutte pour faire face aux retombées de la crise financière mondiale.

Le HCR a remis sa distinction annuelle "US Humanitarian of the Year Award" à une réfugiée originaire de l'est de la République démocratique du Congo, Rose Mapendo, qui a créé sa propre ONG pour venir en aide à des victimes du conflit.

Juin 2009 - Etats-Unis

Angelina Jolie visite le 19 juin le Walter Reed Army Medical Center (WRAMC), un hôpital américain situé à Washington qui se consacre aux soins des soldats des forces armées des Etats-Unis. Fondé en 1909 par le Major Walter Reed, un médecin militaire, il a soigné plus de 150 000 soldats avant de fusionner en 2011 avec l'hôpital naval de Bethesda pour former désormais le Walter Reed National Military Medical Center.

Juillet 2009 - Irak

Angelina Jolie a effectué le 23 juillet une nouvelle mission en Irak, pour offrir un soutien à des centaines de milliers d'irakiens qui restent déplacés à l'intérieur de leur propre pays.

Durant sa visite, elle s'est rendue à Chikook, une banlieue du nord-ouest de Bagdad, dans une installation de fortune où vivent des déplacés internes. Elle y a rencontré quatre familles déplacées originaires du quartier d'Abu Ghraïb, situé à l'ouest de Bagdad, ou d'autres banlieues de l'ouest de la capitale. Malgré les difficultés en Irak, Angelina Jolie a indiqué que l'occasion se présentait pour les irakiens de reconstruire leur vie. "La situation semble actuellement s'améliorer sur le terrain, toutefois les irakiens ont besoin d'un soutien et d'une aide considérables pour reconstruire leur vie"

Les familles qu'Angelina Jolie a rencontrées se sont plaintes que leurs enfants ne soient pas scolarisés et de ne pas avoir les moyens de payer des traitements médicaux pour soigner leurs maladies. Un homme, âgé de 43 ans, a construit son habitation en briques de terre crue à Chikook, après avoir fui le quartier d'Abu Ghraïb avec sa femme de 38 ans et leurs six enfants il y a quatre ans. "La seule aide que nous avons reçue provenait du HCR. Ce sont les seules personnes qui ont frappé à notre porte. Regardez la vie que nous avons, c'est très dur pour nous", a-t-il dit. "Il vous faut dépenser beaucoup d'énergie pour survivre. Je ne sais pas si je serais assez résistante pour survivre dans ces conditions", lui a répondu Angelina Jolie.

Dans une maison voisine, elle a rencontré une famille de neuf personnes, dont les enfants ne sont pas scolarisés et dont le bébé souffre d'une éruption sur tout le corps. Angelina Jolie a bercé le nouveau-né sur ses genoux durant toute la visite. La belle-fille a étudié le droit avant que les violences ne forcent la famille à fuir et n'aient mis fin à ses études. "Il n'en est pas question", ont-ils tous répondu à l'unisson, lorsqu'Angelina Jolie leur a demandé s'ils voulaient rentrer dans leur ancien quartier d'origine. "Nos voisins sont rentrés et leurs trois filles ont été tuées", a indiqué la belle-fille. "Pourquoi sommes-nous confrontés à cette situation ?" a-t-elle ajouté. "Ils ont raison de penser que ce n'est pas juste", a indiqué Angelina Jolie, qui leur a promis de revenir. "Je veux revenir et vous voir en meilleure forme et dans d'autres conditions. J'espère que le HCR et le gouvernement vous aideront à obtenir un lopin de terre. Vous avez besoin d'aide non parce que vous êtes démunis, mais parce que vous représentez l'avenir de l'Irak", a-t-elle souligné, en ajoutant qu'elle espérait que la belle fille pourrait devenir avocate.

Plus de 20 000 personnes, principalement des femmes et des enfants, vivent à Chikook, y compris plusieurs milliers de locaux. Cette localité connaît une pénurie d'eau potable, elle manque aussi d'un système d'égout opérationnel et de routes goudronnées. Cette zone est recouverte d'ordures, bien que le HCR y ait organisé une campagne de nettoyage en début d'année. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés achemine par camion de l'eau potable pour tous les résidents de Chikook depuis quelques mois et travaille à la réhabilitation du système de distribution d'eau et à l'amélioration des hébergements.

Le HCR estime à 1,6 million le nombre d'irakiens qui sont devenus des déplacés internes suite au déclenchement d'hostilités sectaires provoqué en février 2006 par le bombardement d'une mosquée dans la ville antique de Samarra. Près de 300 000 personnes déplacées sont rentrées chez elles, suite à une amélioration générale de la situation sécuritaire depuis mi-2008. "La situation semble actuellement s'améliorer sur le terrain, toutefois les irakiens ont besoin d'un soutien et d'une aide considérables pour reconstruire leur vie. Vous ne pouvez pas rentrer chez vous si vous n'avez plus nulle part où aller", a indiqué Angelina Jolie.

C'est la troisième fois qu'Angelina Jolie se rend en Irak. En août 2007, elle a effectué une mission au camp d'Al Waleed près de la frontière avec la Syrie. En février 2008, elle a voyagé en Irak, pour mettre en lumière les problèmes auxquels sont confrontés les déplacés internes et pour appeler instamment à agir afin de leur venir en aide. Des centaines de milliers de réfugiés irakiens sont hébergés dans des pays voisins, principalement en Syrie et en Jordanie.

Angelina Jolie a profité de sa visite en Irak pour rencontrer les militaires américains déployés à Bagdad (Multi-National Division Baghdad) dans leur QG au camp Liberty. Elle a visité les locaux, s'est entretenu avec les soldats, a posé pour des photos et a signé des autographes.

Septembre 2009 - Kenya

Angelina Jolie s'est rendue le 12 septembre à Dadaab, le camp de réfugiés le plus vaste au monde. Décrivant le complexe composé de trois camps situés au nord-ouest du Kenya près de la frontière avec la Somalie comme les sites de réfugiés en proie à la situation des plus dramatiques qu'elle ait jamais visités, elle a indiqué : Si la vie est plus facile ici, alors on peine à imaginer à quoi sont confrontés les Somaliens pour survivre". Environ 285 000 personnes vivent dans cet espace initialement prévu pour 90 000 personnes.

Accompagnée par le chargé de terrain du HCR Maeve Murphy, Angelina Jolie a été informée de la véritable lutte menée par l'agence pour éviter une catastrophe humanitaire. Elle s'est d'abord rendue dans la zone des nouveaux arrivants, où des enfants ont accouru pour l'accueillir. Un petit garçon lui a appris la poignée de main à la somalienne puis, dans la gaieté, plusieurs enfants lui ont tendu leurs mains pour qu'elle les serre.

Au cours de sa visite à Dadaab, Angelina Jolie a écouté une réfugiée somalienne lui raconter sa fuite depuis la Somalie et les problèmes qu'elle rencontre dans le camp de réfugiés surpeuplé. Elle a ensuite rencontré une jeune femme qui venait d'arriver avec ses trois petits enfants, dont deux nourrissons. Leur ventre gonflé et leur nez qui coulait étaient autant de signes de leur condition de misère. Assis sous un arbre, Maeve Murphy a expliqué à Angelina Jolie les symptômes de la malnutrition, en ajoutant que cette famille se rendrait peu après à l'hôpital le plus proche pour y recevoir des soins. "Nous avons marché pendant des jours pour échapper aux combats", a expliqué cette mère à Angelina Jolie. Des proches se sont joints à la conversation, soulageant ainsi la jeune femme. L'un d'entre eux s'exprimait en anglais et il a indiqué à Angelina Jolie, "nous avons besoin d'espace", ajoutant que l'arrivée de la jeune femme mettait à rude épreuve le foyer déjà surpeuplé auparavant. Quand Angelina Jolie a demandé si la situation s'était dégradée en Somalie, toutes les personnes présentes ont indiqué de concert qu'elle avait dramatiquement empiré. Angelina Jolie a expliqué avoir entendu que la situation en Somalie ne pouvait que se détériorer encore dans les prochains mois. De récents affrontements survenus ces derniers mois entre des rebelles et les forces gouvernementales ont poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir leurs maisons.

En traversant le complexe de Dadaab, Angelina Jolie a aperçu par la fenêtre de son véhicule des tas de détritus. "Il n'y a même pas assez d'espace pour une décharge, alors les gens vivent au milieu des ordures", a-t-elle indiqué. La voiture est passée le long de nombreux points d'eau, près desquels des jerrycans étaient alignés, en attendant la prochaine distribution d'eau. Maeve Murphy a expliqué que la population immense dans le camp impliquait que l'eau ne pouvait être distribuée qu'un jour sur deux. Tout en se rendant auprès d'une autre famille, Angelina Jolie a remarqué un enfant tirant un jerrycan au bout d'une ficelle. "Nous avons arrêté de donner des jerrycans d'eau équipés de roulettes car nous étions très préoccupés de la contamination par l'eau et de la propagation de maladies comme le choléra", a expliqué Maeve Murphy. Plus tôt cette année, une épidémie de choléra à Dadaab a été évitée grâce au travail de nombreuses équipes de travailleurs humanitaires. "Avec près de 7 000 nouveaux arrivants par mois et les prochaines pluies, ils disent que ce sera impossible de contenir une nouvelle épidémie", a prévenu Angelina Jolie.

Elle s'est ensuite entretenue avec des employés du HCR tout en traversant à pied une partie du camp balayé par le vent sous une chaleur étouffante pour rencontrer une autre famille. Chaque maison devant laquelle ils passaient était visiblement surpeuplée. "Il n'y a plus de place pour accueillir de nouveaux arrivants, alors nous nous en remettons aux réfugiés pour qu'ils les hébergent", a indiqué Maeve Murphy. Les visiteurs se sont arrêtés dans une maison de fortune faite de branches et de bâche en plastique, où vivent trois familles. L'une des trois familles se tenait assise à l'ombre d'un arbre en attendant Angelina Jolie. Zahra, la mère, est arrivée au camp le mois dernier dans une brouette avec son plus jeune enfant, poussée par son mari éreinté. "Nous avons eu de la chance, nous avons retrouvé Anab, notre ancienne voisine de Mogadiscio (la capitale somalienne)", a-t-elle indiqué, montrant de la tête une femme souriante se tenant dans un couloir menant vers une petite pièce. "Nous n'avons cependant pas trouvé de maison, mais seulement un hébergement temporaire", a-t-elle ajouté. Angelina Jolie s'est dirigée vers Anab qui l'a invitée à rentrer dans la petite pièce, où des rayons de soleil filtraient à travers le toit délabré. Après avoir écouté Anab lui raconter sa lutte au quotidien pour survivre, avec 18 personnes vivant dans ce petit abri, Angelina Jolie a indiqué : "C'est incroyable de voir cet élan continu de générosité en faveur d'un si grand nombre d'arrivants dans le camp, de la part de personnes qui n'ont presque rien".

Angelina Jolie et ses guides du HCR se sont ensuite rendus dans la maison voisine, où trois familles sont entassées dans une petite enceinte avec une jeune femme allongée à l'ombre d'un arbre, visiblement malade. Entouré de ses enfants, le propriétaire de cet abri, Mahmoud, est découragé. "Nous n'avons de l'eau que tous les deux jours", a-t-il expliqué. "Depuis le début de l'année, j'ai dû prendre en charge deux autres familles ici, toutefois sans espace ni eau supplémentaires". Le personnel du HCR a expliqué qu'à Dadaab, 15 personnes en moyenne vivent avec 100 litres d'eau tous les deux jours, alors que la norme minimale est de 20 litres d'eau par personne et par jour. En parcourant le site, Angelina Jolie s'est rendue vers des latrines dont elle a indiqué, "les toilettes débordent".

Avant de quitter Dadaab, Angelina Jolie a rencontré Liz Ahua, la déléguée du HCR au Kenya, et elle lui a indiqué : "Si vous ne recevez pas (sous peu) davantage de terrains, il deviendra alors impossible de contenir une crise humanitaire majeure". Liz Ahua a affirmé que le Haut Commissaire António Guterres avait reçu, en août, l'assurance que des terres supplémentaires seraient allouées par le Gouvernement kényan dans un délai d'une semaine et elle a ajouté : "Nous espérons que cela interviendra rapidement".

A la question de ses impressions sur cette mission, Angelina Jolie a largement souri. "Les familles somaliennes que j'ai rencontrées aujourd'hui respirent la sympathie et la gentillesse. J'espère que davantage de gens pourront faire leur connaissance, ils éprouveraient alors un désir plus fort de leur venir en aide".

Octobre 2009 - Syrie

Après une première visite en 2007, Angelina Jolie est retournée le 2 octobre à Damas, la capitale de la Syrie, pour rendre visite aux réfugiés irakiens qui vivent toujours en exil, malgré une relative amélioration de la situation de sécurité dans leur pays d'origine. Elle a appelé la communauté internationale à ne pas les oublier. En effet, des dizaines de milliers de civils irakiens sont rentrés cette année dans leur pays depuis la Syrie et d'autres pays voisins, toutefois un nombre encore plus important d'entre eux ne peuvent ou ne veulent pas rentrer dans un pays toujours secoué par la violence alors que l'Irak, ainsi que la souffrance des réfugiés irakiens, ne font désormais plus la une de l'actualité. "La plupart des réfugiés irakiens ne peuvent pas rentrer en Irak à cause des sévères traumatismes qu'ils ont subis dans leur pays, à cause de l'incertitude liée aux prochaines élections en Irak, des problèmes de sécurité et du manque de services essentiels. Par conséquent, ils ont besoin d'un soutien continu de la part de la communauté internationale. Il est essentiel qu'elle aide le HCR à fournir le soutien financier et l'aide alimentaire nécessaires à leur survie".

Angelina Jolie, qui a effectué ce voyage avec son partenaire Brad Pitt, a été accueillie par deux familles irakiennes habitant dans le quartier de Jaramana, au sud de Damas. La première famille, qui compte sept personnes, a fui vers la Syrie en 2006, alors que la seconde, qui est membre d'un groupe religieux minoritaire, a fui l'Irak en juillet cette année, après que le fils, Walid, ait été enlevé deux fois et que la mère, Hoda, ait subi des violences physiques. Le patriarche de la famille, Fares, a dû payer une rançon de 25 000 dollars après le premier enlèvement de Walid. La deuxième fois, le fils et la mère ont été enlevés ensemble et Fares a dû rassembler une rançon de 40 000 dollars. Les deux ont été relâchés, toutefois ils ont subi de terribles épreuves, dont la torture. "J'ai été violée quotidiennement durant 13 jours par près de 10 hommes", a expliqué Hoda dont la voix tremblait. "Je voulais me tuer et la seule raison pour laquelle je ne l'ai pas fait, ce sont mes enfants", a-t-elle ajouté. Après la libération de Hoda et Walid, la famille a fui vers la Syrie. "Je vous suis reconnaissante de me faire part de votre histoire", a indiqué Angelina Jolie, visiblement émue, en étreignant la main de Hoda. "Cela aide à comprendre vos problèmes. Il y a de nombreuses souffrances dans cette région du monde ; vous êtes une femme très courageuse et très forte car vous pensez d'abord à vos enfants en dépit de tous ces problèmes". La famille a indiqué que les Syriens sont très accueillants, mais ils trouvent encore difficile de vivre dans ce pays et ils espèrent bénéficier d'une réinstallation. Parallèlement, ils dépendent de l'aide alimentaire et du soutien financier alloués par le HCR.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés travaille étroitement avec les autorités locales ainsi que le Croissant-Rouge arabe syrien et l'organisation aide les réfugiés les plus vulnérables présents dans des pays voisins de l'Irak comme la Syrie et la Jordanie - où un grand nombre d'entre eux ont trouvé refuge - en leur prodiguant une assistance matérielle, financière, médicale et dans d'autres domaines. De nombreuses familles ayant fui vers la Syrie ces dernières années ont épuisé leurs économies et elles doivent désormais compter sur la générosité et l'aide du gouvernement et des agences humanitaires comme le HCR.

Angelina Jolie a ensuite rendu visite à une autre famille comprenant la mère, le père et cinq enfants âgés de sept ans et moins. Leur situation est représentative des difficiles conditions de vie des réfugiés. Ils vivent entassés dans un appartement sordide et mal ventilé d'une pièce unique, situé en sous-sol et disposant d'une petite fenêtre. La plupart de leurs possessions, comme les matelas, les couvertures et les cartons de nourriture, leur ont été fournies par le HCR. Ils ont également des histoires déchirantes à raconter, y compris l'enlèvement et la torture du père, Taha, qui souffre encore de cauchemars et qui trouve difficile de quitter l'appartement. Sa femme, Ibtissam, a expliqué leurs grandes difficultés pour payer le loyer et les à-côtés, comme les vêtements et les médicaments. Elle travaille en tant que femme de ménage dans un marché, alors qu'elle est diplômée dans l'enseignement. "J'ai déchiré mon diplôme universitaire", a-t-elle indiqué, avant d'ajouter : "Que vaut-il alors que je suis juste une femme de ménage". Ibtissam a expliqué à Angelina Jolie que sa famille souhaitait également commencer une nouvelle vie dans un pays tiers. Deux des familles qu'Angelina Jolie avait rencontrées durant sa première visite en 2007 ont été réinstallées aux Etats-Unis, alors qu'une troisième est récemment rentrée en Irak.

Angelina Jolie a également rencontré le Président syrien Bachar el-Assad et sa femme, Asma el-Assad, qui lui ont fait part des efforts menés par la Syrie pour assurer des soins de santé aux personnes les plus vulnérables et pour encourager les enfants réfugiés à aller à l'école. "Il est clair que la population syrienne, quels que soient les défis et les difficultés auxquels elle est confrontée, a toujours réservé une hospitalité généreuse envers les personnes dans le besoin. J'espère que le reste du monde reconnaît que nous devons tous partager ce fardeau et continuer à nous occuper des réfugiés irakiens", a-t-elle affirmé.

Le HCR estime que plus de 4,2 millions d'Irakiens ont quitté leurs maisons depuis le début du conflit en Irak en 2003. 215 000 réfugiés irakiens sont enregistrés par le HCR en Syrie et la majorité d'entre eux dépendent d'une aide alimentaire et matérielle.

Décembre 2009 - Etats-Unis

Angelina Jolie et Brad Pitt assistent le 10 décembre au gala de charité Unicef Snowflake Ball 2009 organisé dans le grand salon de l'hôtel Beverly Wilshire Hotel de Beverly Hills. Cette soirée avait pour but de rassembler des fonds pour l'association UNICEF et mettait à l'honneur le producteur Jerry Weintraub pour son action dans le domaine humanitaire.