Angelina Jolie : Supermaman adopte le mental d’une tigresse

Le dernier film d’Angelina Jolie en tant que personnage animé tourne autour de la famille et des responsabilités – deux choses que l’actrice hollywoodienne connait très bien, comme elle le raconte à Gill Pringle.

"Il s’agit de la recherche de soi", dit Angelina Jolie, en s’interrogeant sur les sujets les plus profonds de son dernier film sur l’adoption d’un panda faisant du Kung Fu et qui doit sauver le monde d’un paon possédant des armes de destruction massive".

"Je pense que qui nous sommes et qui nous décidons d’être dans la vie n’est pas défini par nos parents, notre passé, notre façon de voir les choses ou d’où nous venons. Nous faisons nous même ce choix". Jolie revient sur son rôle de Tigresse dans "Kung Fu Panda 2", dans lequel elle aide ce panda adorable doublé par Jack Black, Po, à comprendre que ce n’est pas vraiment important de savoir si Mr Ping, l’oie, est son père biologique ou non. Donc quoi de plus logique que de demander à la mère adoptive la plus célèbre au monde ?

Une vision décrite par Angelina Jolie, en costume blanc signé St John, dont la beauté exquise est impossible à ignorer. Une chose curieuse se produit lorsqu’elle est présente, une sorte de ravissement feutré qu’aucune autre célébrité est capable de générer. Elle affirme, sans surprise, qu’elle ne fait aucun effort.

"Je me brosse rarement les cheveux. J’essaie de mettre le moins de temps possible pour me préparer, à cause de mes enfants, je me lève, me prépare, je fais ce que j’ai à faire pour ne pas perdre trop de temps". Sans doute celle qui pourra dignement succéder à Elizabeth Taylor en termes de beauté, de mystère, de passion et en tant que célébrité qui utilise sa notoriété pour défendre des bonnes causes, elle est désormais celle qui va jouer dans le remake du film le plus célèbre de Taylor, "Cléopâtre".

Son voyage n’a pas pour autant été moins dramatique – une jeunesse difficile, une relation brisée avec son père Jon Voight, un début de relation agitée avec Brad Pitt qui était alors encore marié, une douleur persistante depuis la mort de sa mère Marcheline il y a quatre ans et la paix retrouvée en construisant sa propre famille multiculturelle – trois enfants adoptés et trois enfants biologiques avec son partenaire Brad Pitt. A-t-elle trouvé la paix ?

"Je ne sais pas si je l’ai trouvé. Mais, surtout lorsque vous avez des enfants, vous vous réveillez tous les matins et, s’ils sont heureux et en bonne santé, alors vous vous sentez en paix. Vous savez que c’est la seule chose dont vous devez vous inquiéter. Puis à partir de là, vous travaillez sur toutes ces autres choses qui vous énervent ou vous dérangent et vous essayez de réparer les injustices et les plus grands problèmes dans le monde. Mais vous commencez en quelque sorte par une chose toute simple dont vous vous sentez reconnaissantes".

Lors de la récente première de "Kung Fu Panda 2" à Cannes, elle semblait d’une humeur moins bonne lorsqu’elle était interrogée sur les rumeurs selon lesquelles elle envisageait d’adopter à nouveau. Cela n’est pas très étonnant que les spéculations aient été aussi nombreuses étant donné la vitesse à laquelle elle a fondé une famille de six enfants au fil des années. Maddox est arrivé le premier, aujourd’hui âgé de presque 10 ans, il a été adopté dans un orphelinat cambodgien en 2002, puis Zahara, d’origine éthiopienne, 6 ans, suivi de la naissance de son premier enfant biologique avec Pitt, Shiloh, et Pax, d’origine vietnamienne et adopté moins d’un an plus tard. Avec les derniers arrivés du couple, les jumeaux Knox et Vivienne, aujourd’hui âgés de presque 3 ans, on s’attend frénétiquement à ce que Jolie soit enceinte ou sur le point d’adopter.

Elle n’exclut pas l’une de ces deux possibilités. "Nous sommes toujours ouverts à l’une de ces éventualités si on en ressent le besoin mais, pour le moment, nous avons déjà une maison bien remplie et rien n'est clair dans nos têtes. Je suppose que c'est la même chose que lorsqu’une femme décide de tomber enceinte, il y a un moment où tout devient clair, à l'heure actuelle, ce n'est pas nos sujets de conversations", déclare l’actrice.

Mais elle s’est laissé pas mal de temps pour agrandir sa famille. Avec son film sur la guerre de Bosnie, "In the Land of Blood and Honey", qu’elle a écrit et réalisé, prévu pour la fin de l’année, aucun autre projet n’est vraiment finalisé, même s’il se murmure qu’elle serait attachée à plusieurs projets.

Sa tribu est la meilleure critique pour son dernier film. "J’ai emmené mes enfants, âgés de 2 à 9 ans, voir "Kung Fu Panda 2". Ils ont adoré. J’étais très curieuse de voir comment ils allaient réagir aux thématiques sur la famille et sur mon personnage qui a été élevé dans un orphelinat et a ensuite été adopté par Shifu, et dans ce deuxième film, Po découvre qu’il a été adopté. C’est l’une des histoires et l’un des films les plus complexes dont j’ai fait partie, avec des personnages et des thématiques en lesquels je crois".

Si le doublage d’un film d’animation est relativement simple pour une actrice ayant remportée un Oscar, trois Golden Globes et deux Screen Actors Guild Awards, elle apporte toujours autant d’intensité à son rôle.

Elle est certainement l’un des personnages qui montre beaucoup d’émotions retenues. Elle n’est pas détendue. Elle est le contraire de Po. C’est quelqu’un qui est très forte physiquement, mais ce n’est pas le cas émotionnellement. Une partie de sa personnalité est cachée. On peut imaginer qu’elle ne se permet pas de pleurer. Elle ne se laisse pas faire du mal. Elle ne parle pas de la façon dont elle se sent. Elle est très dure. Cela fait partie de sa personnalité. C’était un personnage très intéressant à doubler".

En ce qui concerne le mode de vie des Jolie-Pitt, si cela ressemble souvent à une glorieuse aventure, c’est parce que c’est le cas. "J’adore voyager, surtout dans un endroit où nous n’avons pas encore été et dans lequel on peut rester très longtemps. Nous aimons les safaris et vivre dans des tentes, nous aimons aller en Asie. Vraiment n’importe quel endroit nouveau, un endroit magnifique. Nous avons tellement d’enfants que c’est agréable de vivre une aventure".

La Chine et l’Amérique du Sud sont les prochains sur la liste. "Je ne prends jamais de photos, ce qui a le don de rendre Brad complètement fou car il ne figure sur aucune des photos de famille puisque c’est toujours lui qui les prend. Je vois souvent toutes ces personnes qui prennent des photos dans le but d’immortaliser l’instant présent et je pense que l’on ne profite pas de ce moment car on cherche trop à le capturer. Je veux le vivre".

Elle se tracasse, cependant, de maintenir l’éducation de ses enfants sur la bonne voie lors de leurs voyages. "Je souhaiterais qu’il existe un livre que chaque parent pourrait lire et qui nous indiquerait comment naviguer dans le système scolaire et comment adapter le système éducatif à nos enfants et à leurs intérêts", confie-t-elle. "Je m’implique personnellement de plus en plus avec leurs enseignants". Ils font désormais partis du programme du Lycée Français et sont inscrits dans plusieurs pays différents – New York, Prague, Venise. "Mais nous avons des enseignants de différentes cultures chez nous, qui voyagent avec nous. Pas seulement des nounous, mais des enseignants également. Pax parle le vietnamien et il a un enseignant qui lui parle vietnamien tous les jours, il y en a qui sont d’origine africaine. Pour nous, il s’agit de construire une équipe autour de nous où nous pouvons tous développer une meilleure culture et ils peuvent nous y aider".

"Je pense que nous vivons dans une époque différente et le système éducatif n’a pas changé pour rattraper nos enfants et notre style de vie. Mais nous voyageons et je suis la première personne à dire "Faites vos devoirs aussi vite que possible pour que l’on puisse sortir et explorer le monde". Je préfère les emmener visiter un musée, leur apprendre à jouer de la guitare ou leur prendre un livre qu’ils aiment. Je pense qu’il devrait y avoir une nouvelle façon d’adapter les choses plus directement à nos enfants. Compte tenu de la quantité d’informations que nous disposons de nos jours, internet et les livres en lignes… nous les parents devon réfléchir à comment faire mieux".

Après s’être consacré aux affaires humanitaires au cours des dix dernières années, en particulier en travaillant avec les réfugiés en tant qu’ambassadrice de bonne volonté de l’UNHCR, elle ne trouve pas de réponse à donner lorsqu’on lui demande de quel genre d’héro le monde aurait besoin aujourd’hui. "C’est une question compliquée. Malheureusement, je ne sais pas s’il existe réellement un seul héro. C’est peut être tout le contraire – nous devons plus nous unir et trouver des terrains d'entente entre nos pays et entre nos religions : pour essayer individuellement, une personne après l’autre, de commencer à travailler mieux ensemble".

Source : The Independent